ARIA


ARIA

Création, chorégraphie & mise en scène: Gil Roman
Musique: extraits de J.-S. Bach, Nine Inch Nails, Melponem, chants inuits
Compositions originales: Thierry Hochstätter & Jean-Bruno Meier (CityPercussion)
Costumes: Henri Davila
Lumières: Dominique Roman
Béjart Ballet Lausanne, Théâtre de Beaulieu, 20 décembre 2008

Aria est ma première création après la disparition de Maurice Béjart. Pour lui, notre travail sur cette terre consistait en la recherche de l’unité. Il fallait la comprendre, la ressentir à l’intérieur de soi pour arriver à vivre avec les autres. Ce chemin, qui a toujours fait profondément écho en moi, je le continue. Je ne pouvais dès lors exprimer dans cette création qu’une recherche intérieure

Le mythe du Minotaure, que j’ai mis en scène dans Aria, découle de cette recherche. Il est à l’image de la condition d’artiste, de sa situation labyrinthique interne : la tentative de fusion entre l’instinct et la raison. Ce mythe, c’est avant tout une seule et même personne, représentée par Thésée et le Minotaure, qui se poursuivent, se combattent et se détruisent. Personne ne sort vivant, mais ils renaissent unis. La seule sortie du labyrinthe possible est par le haut, dans l’unité.

À travers ce ballet, j’ai également voulu traiter de manière plus générale le problème de la danse et ses courants, que l’on cherche toujours à opposer : une danse libre, ouverte, et une danse codifiée, la danse classique. La danse dionysiaque correspond à la force instinctive, à l’énergie, et la danse classique, apollinienne, à la raison, à la construction. C’est cette union-là que je recherche. Dans une création, on utilise toujours la palette dont on dispose. Or, le Béjart Ballet Lausanne est à la fois constitué de danseurs qui ont une technique classique fantastique et de danseurs possédant une grande liberté de mouvement. J’ai utilisé ces deux potentiels de la compagnie pour essayer de montrer la fusion entre l’extrême tarabiscotage d’un certain classicisme et la force, la vérité d’une danse libre, montrer comment les deux peuvent se mélanger pour atteindre une unité.

Certes, Aria est un ballet contemporain, mais que signifie ce mot ? Je cherche la poésie, la force des rapports entre les pas, ce qu’ils peuvent produire, sans que le sens ne soit dogmatique ou appuyé. Afin que le public puisse faire son ballet lui-même, en le regardant.

Gil Roman, 2010

Aria