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Béjart acquiert l'essentiel de sa formation de danseur auprès de Madame Egorova, de Madame Rousanne et de Léo Staats. Ce bagage classique,
il l'étrenne à Vichy (1946), puis auprès de Janine Charrat, de Roland Petit et surtout, à Londres, au sein de l'International Ballet. Une
tournée en Suède avec le Ballet Cullberg (1949) lui fait découvrir les ressources de l'expressionnisme chorégraphique. Et un contrat pour
un film suédois le confronte une première fois avec Stravinski.
C'est pourtant sur des pièces de Chopin que, de retour à Paris, Maurice Béjart se fait la main sous l'égide du critique Jean
Laurent. Le danseur se double dès lors d'un chorégraphe. En 1955, à l'enseigne des Ballets de l'Étoile, il sort des sentiers battus avec
Symphonie pour un homme seul (musique P. Henry et P. Schaeffer). Maîtrisant alors son propre
langage, il peut s'imposer au fil d'une série de créations : Haut Voltage, Prométhée, Sonate à trois (d'après Huis clos de
J.-P. Sartre).
Remarqué par Maurice Huisman, le nouveau directeur du Théâtre Royal de la Monnaie, il règle un triomphal Sacre
du printemps (1959). Et c'est la fondation du Ballet du XXe siècle (1960), une compagnie internationale à la tête de laquelle Béjart
sillonne le monde entier. Au Sacre, il ajoute Boléro (1961), Messe
pour le temps présent (1967) et l'Oiseau de feu (1970). Un goût marqué pour le cosmopolitisme
culturel amène ce fils du philosophe Gaston Berger à s'attacher à l'expression de diverses civilisations (Bhakti,
Golestan, Kabuki, Dibouk, Pyramide)
comme à l'illustration d'un riche répertoire musical (de Boulez à Wagner).
Sa fibre pédagogique le pousse à
créer l'école Mudra, à
Bruxelles (1970), puis à Dakar (1977),
et l'école-atelier Rudra à
Lausanne (1992).
Le passage du Ballet du
XXe siècle au Béjart Ballet
Lausanne (1987) s'est opéré
sans discontinuité. En 1992, Béjart
décide de réduire la taille
de sa compagnie à une trentaine de
danseurs pour "retrouver l'essence
de l'interprète". |
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Parmi les
nombreux ballets créés pour
cette compagnie, citons Ring
um den Ring, Le
Mandarin merveilleux, King
Lear - Prospero, À
propos de Shéhérazade,
Le
Presbytère
!, Mutationx,
La
Route de la soie, Le
Manteau, Enfant-Roi,
La Lumière des eaux et Lumière.
Metteur en scène de théâtre (La Reine verte, Casta Diva, Cinq Nô modernes,
A-6-Roc), d'opéras (Salomé, La Traviata et Don Giovanni), réalisateur
de films (Bhakti, Paradoxe sur le comédien
), Maurice Béjart a également
publié plusieurs livres (roman, souvenirs, journal intime, pièce de théâtre). L'Empereur Hirohito l'a élevé à l'Ordre
du Soleil levant (1986) et le Roi Baudouin l'a nommé Grand Officier de l'Ordre de la Couronne (1988). La Japan Art Association lui a décerné le
prestigieux Praemium Impériale (1993) et la Inamori Foundation le Kyoto Prize (1999). En 1994, Maurice Béjart est élu membre libre à l'Académie
des Beaux-Arts de l'Institut de France.
En août 2002, il a créé une nouvelle troupe, destinée aux jeunes danseurs, la "Compagnie M", et, pour elle, son nouveau ballet, "Mère Teresa et les enfants du monde" avec la participation de Marcia Haydé, qui a fait le tour du monde et dont la première a eu lieu à Lausanne le 18 octobre de la même année au Théâtre de Beaulieu.
En octobre 2003, il rend hommage à Fellini pour les dix ans de sa mort dans "Ciao Federico". Il reçoit des mains de l'ambassadeur de France en Suisse, l'insigne de commandeur de l'Ordre des Arts et Lettres.
2004 est l’année où il fête cinquante ans de direction de Compagnie. Il créé l’Art d’être grand-père en collaboration avec les jeunes danseurs de la troupe. En 2005, il crée L’Amour-la Danse, spectacle comportant plus d’une dizaine d’extraits de ses plus fameux ballets. S’y ajoute en décembre Zarathoustra, le Chant de la danse, sa plus récente grande création mondiale.
A l’aube de ses quatre-vingt printemps, le chorégraphe donne naissance à La Vie du danseur racontée par Zig et Puce.
Alors qu'il crée ce qui sera sa dernière œuvre, Le Tour du monde en 80 minutes, Maurice Béjart décède à Lausanne le 22 novembre 2007. |