ELEGIE POUR ELLE, L…, AILE!
Chorégraphie: Maurice Béjart
Textes: Rainer Maria Rilke
Musique: Jean Sibelius, improvisations pianistiques de Luis Albe
Béjart Ballet Lausanne, Cirque Royal, Bruxelles, 17 novembre 1989
Interprètes: Grazia Galante, Florence Faure, Jean-Charles Gil, Martyn Fleming, Juichi Kobayashi
Je relisais les Sonnets à Orphée écrits par Rilke en Suisse et qui m’avaient déjà inspiré un de mes premiers ballets, Orphée, musique de P. Henry, créé à Liège en 1958, lorsque j’appris avec douleur la mort subite d’une parente jeune, intelligente, musicienne, et qui n’était qu’amour et humour. Ces Sonnets sont, ainsi que Rilke l’annonce en exergue «écrits comme monument funéraire pour Véra Ouckama Knoop», morte également jeune et tragiquement.
Je n’ai pas l’intention, moi, d’élever un monument funéraire, mais de dire à cette «plus qu’aimée» qu’elle continue à être parmi nous avec son angoisse, sa drôlerie, son génie
et ses migraines. Elle reconnaîtra certains pas qu’elle avait déjà vus souvent lorsqu’elle venait à Mudra Bruxelles voir les répétitions, elle entendra ce chant en allemand qui était
son secret profond et les objets qui peuplaient ses insomnies, enfin entre la danse,
la musique et le rêve, elle viendra participer avec nous à cette illusion que nous nommons
la vie.

















