KING LEAR – PROSPERO
Chorégraphie: Maurice Béjart
Musiques: Henry Purcell et compositeurs élisabéthains
Costumes: Anna De Giorgi
Béjart Ballet Lausanne, donné en gala en avant-Première, Salle Métropole, Lausanne 17 juin 1994
Interprètes: Larrio Ekson, Sylvie Demandols, Kathryn Bradney, Christine Blanc, Gérald Durand, Eduardo De Freitas, Juichi Kobayashi, Olivier Perriguey, Olivier Chanut, Emmanuelle Bérard, Maria Tosta, Martyn Fleming, Gil Roman, Domenico Levrè, Darius Grandisson, Brigitte Roman, Igor Piovano, Valérie Renault, José Vidal, Koen Onzia, Vincent Séphaire, Julio Arozarena, Alessio Silvestrin et toute la compagnie
Première mondiale: Montpellier, 4 juillet 1994
Deux pères et leur amour pour une femme qui est leur propre fille, qu’elle se nomme
Cordelia ou Miranda.
Le Drame de la Possession.
Possession d’un être, possession d’un royaume… même combat.
L’un d’eux, Lear, prétend renoncer au royaume mais ne peut réellement s’abstraire
du pouvoir: conflit, drame, folie…
L’autre, Prospero, dépossédé par son frère, renonce au pouvoir magique (le seul qui lui reste) et pardonne, alors que Lear maudit ses deux filles, ni plus ni moins coupables que
ce duc de Milan qui a exilé Prospero.
Deux drames de famille, il n’y a qu’au sein des familles qu’on sache bien haïr (ou aimer,
et jusqu’à l’inceste).
Ces deux princes Lear-Prospero ne sont que la même figure tragi-comique de ce mélo sanglant et bouffon qui, des Atrides aux héros de Mishima en passant par les pères de Molière et le Wotan de Wagner nous démontre la dérision du pouvoir dans sa toute puissance et sa vanité, sauvée in extremis par l’amour et le renoncement.
King Lear, tragédie par excellence, est traité ici comme ces grandes danses macabres
du Moyen-Âge. Pièce dont nul ne sort vivant, c’est la mort qui en est le héros, mais non pas personnage individuel sinon chœur antique au visage multiple, puisque dans la tragédie grecque c’est le chœur qui dirige l’action. Pour les personnages divers, les images du cinéma de Hitchcock de la période anglaise (années trente) m’ont été d’une grande inspiration.
Dans La Tempête, nous abordons le monde de la magie et pour moi, depuis mon enfance, c’est le cirque qui évoque ce rêve où tout est possible et où rien n’a de poids. L’île de Prospero devient donc la piste d’un cirque où rôdent les ombres de ce vieux spectacle né
en Angleterre.
Et puisque Shakespeare dans diverses pièces emploie le mot clown…

















