OPÉRA
Chorégraphie: Maurice Béjart
Textes: Pier Paolo Pasolini
Musique: Giuseppe Verdi
Costumes: Anna De Giorgi
Béjart Ballet Lausanne, Salle Métropole, Lausanne, 3 décembre 1992
Interprètes: Emmanuelle Bérard, Christine Blanc, Kathryn Bradney, Stanislas de Nussac, Gérald Durand, Martyn Fleming, Darius Grandisson, Kyra Kharkevitch, Juichi Kobayashi, Domenico Levrè, Anne-Cécile Morelle, Koen Onzia, Olivier Perriguey, Suzanna Pattoni, Gil Roman
Opéra – en latin Opus – Opera – œuvre – œuvres – C’est l’œuvre totale où la musique, le texte, le mouvement, la danse, la couleur, la machinerie… contribuent à cet art unique dont rêve l’Occident depuis le XVIème siècle mais qui, peut-être, était déjà la tragédie en Grèce à l’époque classique (on sait si peu sur la façon dont elle était jouée) ou le théâtre oriental. Kabuki – Opéra de Pékin.
L’opéra, né en Italie, y a toujours ses racines profondes et son âme. Unique exemple d’un art à la fois aristocratique et solidement populaire, il reste lié à la vie quotidienne, sociale et politique d’une nation humaine.
Verdi, dont la musique a couvert un siècle d’opéra et de métamorphoses nationales, reste la grande figure charismatique et le génie d’une race qui n’a pas fini de nous surprendre.
L’église dont les cérémonies au rituel grandiose rivalisent avec les plus belles célébrations théâtrales est une autre façon de ce Grand œuvre.
La politique, enfin, au cœur de l’Italie; fils de sa race, Pier Paolo Pasolini à qui je dédie ce ballet était à la fois un révolutionnaire militant et un homme à la recherche des mythes éternels qui sont les bases de la culture traditionnelle.
Les trois, sans frontières, se mélangent dans la vie profonde d’une nation qui crée à la fois les fastes de Florence, de Rome ou de Venise, qui vit le dépouillement mystique de l’humble fratello d’Assise, et les méandres obscurs et parfois malsains d’un pouvoir incertain.
Hanté par la parole du fils de l’homme, son œuvre, immense opéra de la vie, nous transmet dans la langue des oiseaux chère aux Soufis persans, le message du Christ, la présence de Maria Callas et le regard troublant de Laura Betti.
Avec lui, l’Italie de l’opéra et celle du cinéma se donnent la main.
Maurice Béjart

















