RING UM DEN RING
Un spectacle autour du Ring der Niebelungen
Dramaturgie: Philippe Godefroid, Maurice Béjart
Chorégraphie: Maurice Béjart
Musique: Richard Wagner (transcriptions pour piano Elisabeth Cooper)
Décors et costumes: Peter Sykora
Deutsche Oper Berlin, 7 mars 1990
Jania Batista, Kathryn Bradney, Olivier Chanut,
Augustus Damian, Michael Denard, Judith Eger,
Florence Faure, Xavier Ferla, Martyn Fleming,
Ramon Flowers, Grazia Galante, Michel Gascard,
Katarzyna Gdaniec, Kevin Haigen, Patrick De Bana,
Marc Hwang, Kyra Kharkevitch, Andrei Kuraszewski,
Cécilia Mones-Ruiz, Gil Roman, Göran Svalberg
et le Béjart Ballet Lausanne
Il ne s’agit pas de faire un ballet sur le moins un digest de cette œuvre.
Il s’agit d’une approche à la fois métaphysique, psychologique, sociale et musicale, un commentaire en marge d’un des plus grands chefs-d’œuvre de la musique et du théâtre de tous les temps.
Si j’étais écrivain, j’aurais commis un livre de plus (sur les quelques 30’000 existant sur Wagner), mais mon langage étant la danse (choré…), c’est avec celui-ci que j’écris (…graphie).
Le Ring, monument unique dans l’histoire du théâtre musical, n’a pas fini d’inspirer les commentaires et exégèses. Que mon travail soit donc muet et le geste de mes danseurs symbole.
Pendant des années avant la création du Ring, Wagner allait de salons en réunions intimes entre amis, et lisait seulement le texte des quatre pièces de sa voix rauque et envoûtante. Ce n’était déjà pas un livret d’opéra mais un essai dramatique d’un genre nouveau.
Puis un public, toujours restreint, a connu l’œuvre au travers de nombreux extraits transcrits pour le piano, et parfois une chanteuse ou un ténor s’ajoutaient à cette audition.
Enfin, la tétralogie une fois terminée et montée à Bayreuth, les représentations furent rares et les privilégiés qui connurent l’art de Wagner le firent grâce à des concerts où des grands morceaux symphoniques figuraient au programme.
Notre étude-dansée se situe donc aux différentes étapes de ce processus. L’action étant parfois soutenue seulement par la voix du lecteur qui, comme Wagner, synthétise tous les rôles. À d’autres moments, nombreux passages sont dansés, accompagnés uniquement par le piano.
Enfin, le son de l’orchestre apparaît au travers d’un magnétophone placé sur scène, symbole de la toute-puissance de l’enregistrement magnétique dans le monde moderne, ou comme lors d’une répétition.
Le décor, lui, évoque justement une vaste salle de répétition où le miroir, instrument de toutes les magies, nous renvoie notre image additionnée de l’immense potentiel onirique de l’œuvre wagnérienne, tandis qu’un immense mur, prison ou impasse, se lézarde et se détruit progressivement pour qu’un monde vierge et nouveau soit prêt au commencement d’un nouveau cycle.

















