17 décembre 2023

À bord de Nivagation, le Béjart Ballet Lausanne emporte Beaulieu

Première, hier soir au Théâtre de Beaulieu à Lausanne, de la nouvelle création de l’artiste belge Marc Hollogne pour le Béjart Ballet Lausanne. Une représentation de Cinéma-Danse-Théâtre, réglée par Gil Roman, ovationnée par une salle comble précédée par deux chorégraphies de Maurice Béjart : le ballet Concerto en ré et un Adage pour deux. À voir jusqu’au 22 décembre.

 

C’est parti, le Béjart Ballet Lausanne a largué les amarres, hier soir à Lausanne. Un Théâtre de Beaulieu comble a ovationné la compagnie de Gil Roman au sortir de Nivagation, nouvelle création de l’artiste belge Marc Hollogne. Un spectacle de Cinéma–Danse–Théâtre qui laisse une large place à la danse, des chorégraphies très inspirées du chorégraphe et directeur artistique du BBL.

En ouverture de rideau, deux pièces de Maurice Béjart ont ravi le public par la finesse et la grâce de leur exécution :  le ballet Concerto en ré, dansé pour la première fois depuis 2002. Sur la partition d’Igor Stravinsky, Maurice Béjart propose un ballet sans anecdote ni message sinon « les rapports harmonieux du temps et de l’espace, écrivait-il alors : des formes jamais figées s’enroulent et se déroulent autour de mélodies et de constructions rythmiques subtiles. Au milieu de ce “jeu“, un instrument qui est à la fois tendresse et virtuosité, brillance technique et sensualité ; la femme : une danseuse », une Solène Burel tout en majesté !

Elisabet Ros et Julien Favreau suivaient dans un Adage pour deux : un pas de deux hiératique emprunté à Malraux ou la Métamorphose des dieux, créé en 1986 au Cirque Royal à Bruxelles sur la « Sonate pour violon Op.30 » de Beethoven. Au moment de faire face au peloton d’exécution, un homme se souvient… Entre rêve et réalité, les solistes évoluent tout en nuances et subtilités dans une dernière danse : un duo poignant.

Nivagation, enfin : six ans après avoir fait interagir Maurice Béjart avec les danseuses et danseurs du Béjart Ballet Lausanne dans Dixit, Marc Hollogne propose un projet artistique qui tient autant de la divagation que de la navigation…  « Sur grand écran, le quotidien d’un ouvrier d’un centre de tri se déploie dans toute sa lassitude. Un incident le projette dans son passé, l’écran se lève, l’ouvrier s’évade. Il est sur la scène d’un théâtre, des danseurs apparaissent pour poursuivre le récit… ». La danse prend la barre du récit et ne la lâche plus dans une succession de tableaux conduisant le héros vers la lumière…  Une aventure à suivre jusqu’au vendredi 22 décembre (relâche lundi 18).

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