Qu’est-ce que la joie ?

Qu’est-ce que la joie ? C’est une question aussi simple et insaisissable qui accompagne Antoine Le Moal depuis ses années de formation. Ici, elle devient le point de départ d’une recherche chorégraphique. La réponse n’arrivera jamais. Et c’est précisément là que la pièce commence.

 

Déployée en trois mouvements, elle suit moins un récit qu’une trajectoire. Celle d’une vie où les corps avancent, résistent, s’élèvent, s’abandonnent. La joie n’y apparaît ni comme une récompense ni comme un état permanent. Elle surgit dans l’élan, dans la rencontre, parfois au bord de la perte. Elle est une force de mouvement avant d’être une émotion.

 

Au fil de la pièce, cette quête devient une manière de regarder le monde. Non pour en épuiser le sens, mais pour continuer à le chercher. Avec cette part de naïveté qui n’est pas une faiblesse, mais une forme de courage. La musique de Peter Gabriel en est le souffle et la pulsation. Elle irrigue la chorégraphie, en épouse les tensions comme les élans. Les costumes réalisés par Henri Davila ne viennent pas habiller les danseuses et danseurs : ils semblent émerger de leur peau. Leurs motifs affleurent comme des tatouages, des paysages intérieurs que le mouvement révèle peu à peu. Suspendue dans l’espace, l’œuvre d’Adrien Sabbah s’offre comme une carte au trésor. Elle ne désigne pas une destination, mais une direction. Elle invite à poursuivre la traversée, portée par l’intuition qu’un même dessin peut receler à la fois un grand mystère et une vérité essentielle.

 

Il ne s’agit peut-être pas de savoir ce qu’est la joie. Il s’agit de reconnaître ce qu’elle met en mouvement.

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