Inspiré par la symphonie dramatique Roméo et Juliette d’Hector Berlioz, un pas de deux tiré du ballet Roméo et Juliette de Maurice Béjart ouvrira la soirée. Cette interprétation béjartienne transcende le récit shakespearien pour en révéler l’essence : l’amour et la haine, la passion et la cruauté, pris dans le tourbillon d’un destin devenu mythique. Plutôt que de suivre les péripéties de la pièce, le chorégraphe en fait une fresque où les sentiments se répondent et se poursuivent dans un véritable labyrinthe émotionnel.
Créé en 1984 pour la danseuse italienne Luciana Savignano, La Luna est l’un des solos les plus intimes de Maurice Béjart. Portée par la musique de Bach, cette pièce emblématique révèle toute la subtilité de son écriture chorégraphique. Dans une gestuelle d’une extrême délicatesse, le mouvement semble naître au plus profond du corps avant de se déployer dans l’espace, avec une fluidité presque irréelle.
Inspiré par la spiritualité indienne, Bhakti III s’inscrit dans la quête de Maurice Béjart d’un dialogue entre les cultures et les traditions. Le terme bhakti désigne une forme de dévotion, un élan du cœur tourné vers le divin. À travers une gestuelle ritualisée et une danse empreinte de ferveur, l’œuvre dépasse les frontières du mouvement pour explorer la relation entre le corps, l’âme et le sacré.
La soirée se conclura sur Mozart Tangos. Maurice Béjart fait dialoguer deux univers musicaux que tout semble opposer : l’élégance classique de Mozart et la sensualité rythmique du tango. De cette rencontre naît une danse audacieuse, où la rigueur musicale se mêle à l’énergie des corps. Avec son inventivité et son goût des rapprochements inattendus, Béjart compose une œuvre jubilatoire.
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