Le Plan_B fête la danse

Pour accompagner cette fin d’année 2021, Gil Roman et sa compagnie proposent une nouvelle série de Plan_B à l’attention du public.

 

Espace chorégraphique imaginé au cœur du studio principal de la compagnie par le directeur artistique du Béjart Ballet Lausanne, Plan_B permet de découvrir le travail en cours du BBL. Équipé d’un gradin de 100 places, il permet également au public d’assister à des présentations en conditions de spectacle.

Premier rendez-vous d’une belle série dansée qui nous conduira aux portes de Noël : Tous les hommes presque toujours s’imaginent, une pièce de Gil Roman sur des musiques de John Zorn créée en 2019 à l’Opéra de Lausanne. Suivront t ’M et variations…, pièce chorégraphique imaginée par le directeur artistique en 2016 à l’adresse de Maurice Béjart et que le BBL présentera à Guin-Düdingen le 24 novembre prochain (complet !), et À la rencontre de Pierre Henry : un programme hommage au compositeur de musique concrète avec les « Improvisations » de sept danseuses et danseurs tirant au sort les thèmes à interpréter, puis La porte et Symphonie pour un homme seul, de Maurice Béjart.

 

Calendrier

Ven. 19 nov. – 18h30 | Sa. 20 nov. – 16h30

Tous les hommes presque toujours s’imaginent – Gil Roman

Ven. 26 nov. – 18h30 | Sa. 27 nov. – 16h30

t ’M et variations… – Gil Roman

Ven. 3 déc. – 18h30 | Sa. 4 déc. – 16h30

À la rencontre de Pierre Henry

 

Mesures sanitaires

> Présentation du Certificat Covid et d’une pièce d’identité.

> Port du masque obligatoire lors des déplacements dans les locaux du BBL.

> Distributeurs automatiques de gel hydroalcoolique disponibles dans tout le bâtiment.

 

 

À la rencontre de Pierre Henry

La collaboration artistique, l’amitié sincère et profonde entre Maurice Béjart et Pierre Henry, l’inventeur de la musique concrète avec son complice Pierre Schaeffer, ont marqué l’Histoire. On songe évidemment à Symphonie pour un homme seul l’œuvre fondatrice du style béjartien, proposée par le BBL en clôture de ce nouveau programme.

 

« Qu’est-ce que le temps au cours d’une œuvre sur bande magnétique, demandait Pierre Henry dans son Journal de mes sons (1979). C’est une rythmicité imposée par des durées rigides. J’entends par là, à travers des textures naturelles et vivantes, des sons entrecoupés, montés selon notre volonté, par un tempo artificiel. Et bien ce rythme, je ne dirai pas qu’on l’écrit : on le pense. On le joue. Et pour le jouer, on effectue des gestes émotionnels, saccadés, linéaires, forts, faibles : les gestes même que Béjart a inventé pour la danse. »

 

Improvisations

La rencontre est physique, elle parle à l’esprit autant qu’au corps pour autant qu’on l’aborde vierge, le regard et les oreilles grandes ouvertes. Quelles correspondances peuvent relier le danseur d’aujourd’hui, nourri de rythmes du temps présent, à cette musique qui renversa alors tous les codes, influençant tous les courants artistiques ? En ouverture de soirée, le BBL cherche sa résonnance en s’appuyant sur la structure dramatique du ballet Variations pour une porte et un soupir créé à Bruxelles en 1965 sur la musique de Pierre Henry. Mais la partition est ici confiée au groupe Citypercussion : l’originale n’est plus que l’écho de quelques sons, de bruitages intégrés, mixés dans seize nouvelles compositions jouées sur scène. La trame : sept danseurs entrent sur scène. Le chorégraphe est absent. Sur un immense tableau noir, un schéma établi mentionne, en face du titre de seize morceaux à danser (« Sommeil », « Gymnastique », « Rien » …), le ou les numéros que les artistes doivent tirer au sort pour l’interpréter – en solo, à deux, à trois… Librement.

 

La porte

Recherche toujours mais sur la forme avec la deuxième pièce au programme de la soirée. En 1970, pour le lancement de la saison de la Brooklyn Academy à New York, Maurice Béjart fait sensation en présentant La porte : un solo sur pointe réglé pour Maïna Gielgud sur la musique de quatre des Variations pour une porte et un soupir. Ici, Gil Roman questionne l’identité en confiant, pour la première fois, le rôle à un danseur.

 

Symphonie pour un homme seul

Retour à l’origine en clôture de programme avec Symphonie pour un homme seul, seize ans après sa dernière représentation au Théâtre Métropole à Lausanne. Créé à Paris devant un public clairsemé le 26 juillet 1955, ce ballet révèle alors un chorégraphe dont la personnalité singulière, le talent, va révolutionner l’art du ballet. Née d’une rencontre impromptue entre le chorégraphe et les deux Pierre, cette première autobiographie d’un jeune chorégraphe laissant libre cours à ses aspirations, l’œuvre insolite le révèle au monde.

Si la chronique rapporte que la première n’a retenu que l’attention des ouvreuses, de quelques curieux et de… Serge Lifar, resté dans la capitale malgré l’été caniculaire, cette méditation sur la solitude moderne présentée sur un plateau nu, l’errance anxieuse d’un homme dans un univers citadin grouillant d’une foule anonyme et hostile, annonce le basculement (et les tourments) de la société contemporaine. Et suggère l’impérieuse nécessité de s’élever pour survivre…

Maintes fois dansée depuis sa création, Symphonie pour un homme seul fascine et bouleverse encore le public. « Que le danseur moderne, sans costume ni décor, soit sans tambour ni trompette, écrivait alors Pierre Schaeffer. Au rythme de son propre cœur, s’il est sincère, sa danse sera plus vraie » …

Jean Ellgass

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